Anthologie informatique

Des ordinateurs de toutes sortes ont passé entre mes mains.
Cela a commencé lors de mes vacances au camping de Saint-Raphaël, tout modestement avec une calculatrice SHARP PC-1211 de 15 Kbits de mémoire vive et un affichage de 24 signes avec défilement.
Elle permettait d’entrer quelques instructions en Basic, 1024 caractères maximum et surtout d’apprendre ce langage.
C’est ainsi que j’ai passé mes 10 jours de vacances en 1981 sous le parasol non loin de Fréjus, au grand dam de madame, avec deux manuels enseignant les notions de programmation en BASIC, un processeur 4 bits ne permettant que 256 commandes.
Dans les spécifications techniques, je lisais: Son: un bip. Taper la commande beep suivie du nombre de bips souhaités permet de faire sonner l’ordinateur (sic!) une ou plusieurs fois. Tout bonnement génial, quelle avance technologique pour l’époque!
Aujourd’hui, plus de quoi épater la galerie!

Mon engouement ne s’est pas arrêté de sitôt. Seconde machine avec un vrai clavier, le TI 99A/4A:

Pas beaucoup de mémoire de travail, que l’on pouvait toutefois augmenter avec des modules se glissant à droite. A l’époque, j’avais un petit écran cathodique noir et blanc. Pas d’imprimante pour ne pas gonfler le budget familial. J’ai toujours ce machin dans ma collection, en état de fonctionner. Je vous ferai grâce en passant des VC20, Commodore 64 et Amiga que je n’ai admiré qu’en magasin ou chez les copains (ils font aujourd’hui partie de ma collection personnelle, grâce à un passage ou plusieurs chez Ricardo).
En revanche, vers la Noël 1984, j’ai fait l’acquisition d’un Commodore SX 64,
un vrai rayon de soleil, avec écran couleur de 5 pouces et haut-parleur intégré, 10,5 kg :

En 1985, installé dans ma villa fraichement acquise à Worben, je faisais déjà des travaux de traduction à domicile, le soir, avec un système IBM Visiotexte et ses deux stations de disquettes de 8 pouces mis à ma disposition par mon employeur, la BPS. Je prenais les disquettes le soir avec moi et je les restituais à la banque le prochain jour ouvrable:

Représentant ma banque dans une commission interbancaire du trafic des paiements,
Telekurs d’alors (SIX aujourd’hui) m’avait demandé si j’avais des disponibilités pour traduire un manuel de 300 pages avec un éditeur DOS quelconque.
L’affaire était en tout cas alléchante, assez pour m’inciter à investir 5000 francs d’alors dans un Commodore PC-5, un écran et une énorme imprimante laser Brother, complété plus tard par une carte modem intégrée et un disque dur sur carte de 10 MB payé 1400 francs! Je la trouve toujours aussi belle, cette machine.

J’ai adoré cette machine, enfin un vrai PC concurrent d’IBM à l’époque, fiable et rapide.

Au rang des absurdités: j’avais déjà un fax à l’époque pour les traductions courantes. Je recevais mes mandats de traduction par fax, je tappais mon texte dans la machine, puis impression et renvoi par fax. Mon client prenait mon fax et devait tout retapper. Il m’envoyait parfois un fax pour s’assurer que tout avait bien été recopié! Je lui envoyais alors mes corrections par fax et retour à la phrase précédente!

Tout cela a changé bien plus tard avec le transfert de fichiers par ligne téléphonique, avec des modems encore faiblards transmettant 2-3 pages à la minute. En vacances avec ma famille au Tessin ou au Jaunpass, j’ai même utilisé un modem acoustique de 300 bauds/seconde pour recevoir et transmettre mes textes:

Les exigences augmentant en performance et capacité de stockage, je suis passé début 1990 à un Compaq Presario de ce type, une machine d’une laideur sans pareille, mais encore prestigieuse avant sa reprise par HP. Avec un Pentium 4, pas de quoi faire le malin. Non mais quand même: ce faciés de cobra, avec cette petite bouche rieuse avaleuse de disquettes qui ne ressortaient pas toujours:


Ont suivi pratiquement chaque année des tours HP.
En parlant de «tours», j’ai fait un tour à la cave, pour y découvrir 3 comparses HP d’antan, fonctionnant sûrement encore, avec lenteur probablement, mais prêts à partir à la déchetterie avec un bon formatage et une immersion finale des disques en eau savonneuse et saline bouillante. Ou avec un foret à métaux.

Vous avez dit «macabre»? Non, ils ne viennent pas de l’ex-URSS et non, ils ne fonctionnent pas à lampes. Les conditions de luminosité de ma cave conviennent parfaitement à ce genre de cliché style «Archipel du Goulag» d’Alexandre Soljenitsyne.

Voici l’un de mes setups éphémères:

Côté logiciel, j’ai très tôt travaillé à la banque p.ex. avec Framework* (voir le descriptif plus bas), Multiplan, précurseur d’Excel, avec passion:

le traitement de texte Visio-PC d’IBM, et une copie de Superbase 4 acquise pour une bouchée de pain «sur le marché noir», me permettant mes premiers tâtonnements avec ce logiciel de base de données.
Je me suis racheté plus tard en acquérant en 1992 une vraie version de Superbase pour 1700 francs. J’ai alors créé un programme de facturation qui m’a servi jusqu’en 2005, date à laquelle je suis passé à Winbiz.

Pour la petite histoire: à l’époque, tout pouvait aisément se copier, j’avais une boîte avec plus de 250 logiciels de toutes sortes sur disquettes de 5 1/4′: jeux, langages de programmation, fichiers musicaux, avec plein de virus! Avec l’antivirus McAfee de l’époque, encore gratuit, je n’ai jamais rencontré de problèmes. Mon voisin, joueur invétéré, voulait absolument essayer 2-3 programmes de ladite boîte. Résultat: une bonne infection virale.

Je regrette ces temps où l’on admirait en magasin toutes sortes de logiciels pour les usages les plus divers, et différents langages de programmation à charger: Basic, Turbo Pascal, Borland C++, Python, TI-Basic (il existe plus de 680 langages de programmation, suivez ce lien pour en avoir le coeur net).
Aujourd’hui, sur les rayons, vous ne trouvez plus que des antivirus, des programmes pour enregistrer, modifier des photos, que tout cela est bien fade.

Heureusement qu’il nous reste Internet pour télécharger des bribes ou des idées de programmes.

*) Framework offre les fonctionnalités de tableur, de manipulation de bases de données, de télécommunication, de traitement de texte.
Il comporte une fonction de publipostage et de correction d’orthographe.
Permet la création d’esquisses et de diagrammes, et comporte un langage de programmation. Pour de plus amples renseignements, suivez ce lien.

Actuellement, outre Superbase qui tourne en fenêtre virtuelle pour le lexique, je travaille avec la suite Office 360, SDL Studio 2015 pour la traduction assistée par mémoires, Photoshop, Notepad++ pour l’édition PHP, Winbiz pour la facturation, WordPress pour la gestion de ce site.