Le VTT

Fusionnel, le VTT. Oui, mais, c’était l’un de mes tout grands défis dans la vie. Je dis «c’était», car j’en ai abandonné la pratique à l’orée de mes 70 ans, pour différentes raisons de motivation, de ressources physiques surtout et de temps, car il faut tout de même lui trouver 5-6 heures par semaine.

Je l’avais donc acquis il y a 5-6 ans pour «faire du sport et bouger». Au début, le travail ne me le permettant pas pendant la journée, j’ai commencé mon entraînement tard le soir, parfois dès 1 heure du matin, pour revenir vers 3 heures, tout cela au plat. Je me suis aperçu du danger encouru lors d’une virée nocturne le long de la Dranse. J’ai pris un trou, la fourche a répondu un peu sèchement et j’ai failli passer à la Dranse. Je me suis alors reconverti à la marche. Le vélo, lui, est resté bien sagement à la cave, sous clé avec d’autres vélos, remettant de mon côté son emploi aux calandes grecques.

Un jour, ma voisine du dessus, ma future coach sportive, apitoyée par le sort que je réservais à l’engin, en a gonflé les pneus et je n’ai pas pu dire non à une sortie d’«essai», comme ça, à tout hasard. Les débuts, je l’admets, furent plutôt difficiles, la moindre montée m’épuisant faute de technique et de souffle. Une montée de 50 mètres, c’était déjà le coeur battant la chamade, avec un Denis rouge pivoine.

N’acceptant pas de sitôt un échec, j’ai alors fait faire un service pharaonique, avec réglage des vitesses (la première ne passait plus), changement de pneumatiques, changement de piston arrière, réglage des freins à disques hydrauliques. Le tout beau service, quoi, avoisinant les mille francs.

Je disposais enfin d’une machine digne de ce nom pour tenter, toujours en solitaire, quelque chose de fou, désapprouvée après coup avec raison par ma coach: une montée à Salvan en 1h15, la même semaine rebelote avec une montée en force au-dessus de Ravoire, avec retour dans la nuit vers 22h30, mais là, c’était effectivement un peu limite. Auparavant, je m’étais farci la route des camions au-dessus de Collonges. Je connaissais enfin mes limites à vélo et il y avait encore du potentiel.

Pour une raison qui m’échappe, je haïs le plat et seule la montée m’intéresse, aussi hardue soit-elle. Oui, parce qu’ensuite, le retour en descente est un pur moment de bonheur!

Je mentionnerai au passage un exploit avec ma coach: montée depuis Chamoson à Ovronnaz, croisement sur Chiboz et retour sur Fully. Conditions: entraînement régulier, service annuel, prudence sur la route, éviter de forcer le rythme, changer de plateau plutôt deux fois qu’une, pneumatiques gonflés, boire, boire, boire, pousser avec la pointe de la chaussure, gants à la descente, et j’en passe. Vous avez dit «simple», le VTT? Mais ça s’apprivoise.

Les temps ont passé. En 2018, j’ai bazardé mon vélo de course trop casse-gueule et mon VTT dont la fourche avant n’était plus au top pour passer en juillet 2019 à l’e-vélo:


Autonomie garantie de 100 km ou 1500 m de dénivellation, ce qui m’emmenera facilement au col de la Forclaz (1500 m) depuis Martigny (471 m).
Voilà aussi pourquoi j’ai arrêté le VTT.
Vu sur la place centrale, avec des pneus d’été! Quelle inconscience, non mais!